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George Orwell, 1984. (Nineteen Eighty-Four ).
Traduit de l'anglais par Amélie Audiberti. Paris : Folio Gallimard, 1984. Première édition en langue originale, 1949.

            Commençant à écrire ce roman en 1948, l'auteur inversa l'ordre des deux derniers chiffres pour obtenir 1984. La haine de George Orwell, pseudonyme d'Eric Blair, pour tous les totalitarismes, stalinisme ou nazisme, inspira ce livre ironique, captivant et prophétique. Sous la domination du Parti et de son chef, Big Brother, la société tout entière se voit embrigader. L'arme principale de la dictature consiste en l'épuration du langage. L'"ancienne langue" est bannie au profit du "novlangue" ("Newspeak") : "- Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? A la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n'y aura plus de mots pour l'exprimer." (p. 79) ('Don't you see the whole aim of Newspeak is to narrow the range of thought ? In the end we shall make thoughtcrime literally impossible, because there will be no words in which to express it.')

            Cette réduction de la pensée et du langage se fonde sur la destruction des mots, comme l'exprime l'auteur avec ironie par la bouche de Syme, le fonctionnaire chargé d'écrémer le dictionnaire : " […] Vous ne saisissez pas la beauté qu'il y a dans la destruction des mots. Savez-vous que le novlangue est la seule langue dont le vocabulaire diminue chaque année ?" ( p. 79) ("You don't grasp the beauty of the destruction of words. Do you know that Newspeak is the only language in the world whose vocabulary gets smaller every year ?")

            Le totalitarisme se fonde, selon Orwell, sur l'oubli des concepts, soumis, dans un premier temps, à une dénaturation paradoxale puisqu'on torture au Ministère de l'Amour, avant de se voir vider de toute signification : "Vers 2050, plus tôt probablement, toute connaissance de l'ancienne langue aura disparu. Toute la littérature du passé aura été détruite. Chaucer, Shakespeare, Milton, Byron n'existeront plus qu'en version novlangue. Ils ne seront pas changés simplement en quelque chose de différent, ils seront changés en quelque chose qui sera le contraire de ce qu'ils étaient jusque-là. Même la littérature du Parti changera. Même les slogans changeront. Comment pourrait-il y avoir une devise comme "La Liberté c'est l'esclavage" alors que le concept de liberté aura été aboli? Le climat total de la pensée sera autre. En fait, il n'y aura pas de pensée telle que nous la comprenons maintenant. Orthodoxie signifie non-pensant, qui n'a pas besoin de pensée. L'orthodoxie, c'est l'inconscience." (pp. 80-81) ("By 2050 – earlier, probably – all real knowledge of Oldspeak will have disappeared. The old literature of the past will have been destroyed. Chaucer, Shakespeare, Milton, Byron – they'll exist only in Newspeak versions, not merely changed into something different, but actually changed into something contradictory of what they used to be. Even the literature of the Party will change. Even the slogans will change. How could you have a slogan like "freedom is slavery" when the concept of freedom has been abolished ? The whole climate of thought will be different. In fact there will be no thought, as we understand it now. Orthodoxy means not thinking – not needing to think. Orthodoxy is unconsciousness.")

            Ce roman offre une analyse poignante des totalitarismes tout en ménageant d'un bout à l'autre un extrême suspense. Il est difficile, quand on l'a commencé, de poser ce livre, qui parle aussi d'amour. La liaison entre le personnage principal, Winston Smith, et Julia, affirme la liberté de l'individu.

            Orwell ( 1903-1950) est aussi l'auteur, entre autres, d'une fable satirique, Animal Farm (La Ferme des animaux, 1945), d'un ouvrage sur la guerre d'Espagne, Homage to Catalonia (La Catalogne libre, 1938) et d'un récit autobiographique très émouvant en lequel il conte ses années de "vache enragée" à Londres et à Paris, Down and Out in Paris and London (La Vache enragée, 1933). Il a écrit de nombreux essais et collaboré à plusieurs journaux et revues. On l'a comparé à Albert Camus pour sa probité intellectuelle.

Le Film 1984
de Michael Radford
avec : John Hurt, Richard Burton, Suzanna Hamilton, Cyril Cusack.

http://www.newspeakdictionary.com/frames.html
lhttp://www.cafardcosmique.com/auteur/orw.html
http://perso.respublica.fr/orwell/liensorwell.htm
http://students.ou.edu/C/Kara.C.Chiodo-1/orwell.html
http://perso.club-internet.fr/bmflemon/orwellpage.htm
http://www.crwflags.com/fotw/flags/fic_1984.html

 
   
Raymond Radiguet, Le Diable au corps. Première édition, 1923.

Jean Cocteau parlait de Radiguet (1903-1923) comme d' un "phénomène des lettres françaises". Ce jeune écrivain, qui fut aussi l'auteur du Bal du comte d'Orgel*, connut le succès à dix-sept ans avec cette histoire d'amour entre une jeune femme dont l'époux est mobilisé et un jeune adolescent. Le roman est écrit dans un style sobre et classique. On se souviendra du film de Claude Autant-Lara (1947) avec Micheline Presle et Gérard Philippe.
* Egalement à la bibliothèque.
http://www.recmusic.org/lieder/r/radiguet/qm4.html
à télécharger
http://www.france.diplomatie.fr/culture/france/biblio/foire_aux_textes/auteurs/radiguet.ht
http://www.alalettre.com/
http://www.kirjasto.sci.fi/radiqu.htm


 
Erich Maria Remarque, A l'ouest rien de nouveau. Paris : Le Livre de Poche, 2000.

Ce livre, publié en 1929, assura la notoriété de son auteur qui, mobilisé à l'occasion de la première guerre mondiale, choisit de raconter l'expérience et le traumatisme des tranchées sous forme romanesque. L'ouvrage, traduit de l'allemand, s'avère d'un bout à l'autre extrêmement poignant. On oscille entre des chapitres extrêmement pathétiques et des moments de répit au cours desquels Remarque met en valeur la camaraderie qui liait les soldats. Il insiste sur le désarroi qui les envahissait dans cette épreuve à la fois morale et physique. Le bilan se révèle cruel : "Je suis jeune, j'ai vingt ans ; mais je ne connais de la vie que le désespoir, l'angoisse, la mort et l'enchaînement de l'existence la plus superficielle et la plus insensible à un abîme de souffrances. […] Pendant des années nous n'avons été occupés qu'à tuer : ç'a été là notre première profession dans l'existence. Notre science de la vie se réduit à la mort. Qu'adviendra-t-il donc après cela ? Et que deviendrons-nous ?" (p. 199) L'écriture de ce roman permet sans doute partiellement à son auteur de relever le défi de la neurasthénie. C'est au moins ce qu'il suggère en ces lignes : " … je voudrais, lorsque j'entends le mot de paix et en supposant que la paix fût là, je voudrais faire quelque chose d'extraordinaire ; c'est une idée qui me monte à la tête. Quelque chose, tu sais, qui vaille la peine d'avoir été ici dans la mélasse. Seulement je ne peux rien imaginer." (p. 69)


http://www.multimania.com/picardie1418/fr/sommaire.htm
http://www.osnabrueck-net.de/Kultur/remarque.html
http://www.eagle1.american.edu/~tc1252a/home.htm

 
   
J.K. Rowling, Harry Potter à l’école des sorciers.
Harry Potter et la chambre des secrets.
Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban.
Harry Potter et la coupe de feu.
Paris : Gallimard, 2000, 2001.

Harry Potter, découvre, le jour de ses onze ans, qu’il est sorcier. On l’envoie alors au collège Poudlard, école de sorcellerie réputée où une place l’attend depuis toujours. Il y vivra, face au terrible V, des aventures palpitantes.
On se laisse rapidement envoûter par ce jeune héros créé par J.K. Rowling, qui nous fait découvrir son monde et vivre ses aventures magiques avec un plaisir de chaque instant. C’est un roman jubilatoire à mettre dans toutes les mains.

http://www.jkrowling.com/
http://harrypotter.warnerbros.com/?fromtout=homepage_b2